Wallmapu Libre https://wallmapulibre.noblogs.org Amulepe tain weychan - La lutte continue Thu, 27 Aug 2026 15:03:30 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 [Parution] Chem ka Rakiduam. Pensée et action de la CAM. https://wallmapulibre.noblogs.org/2026/08/27/parution-chem-ka-rakiduam-pensee-et-action-de-la-cam/ Thu, 27 Aug 2026 15:03:27 +0000 https://wallmapulibre.noblogs.org/?p=84

Au Wallmapu — les territoires mapuches occupés par les États chilien et argentin au sud du continent —, des luttes acharnées sont menées pour récupérer les terres accaparées par des investisseurs capitalistes, des entreprises forestières, des groupes énergétiques et de grands propriétaires terriens. Dans cette lutte tenace pour la libération, les communautés mapuches reconstruisent le monde mapuche en dépit de la répression, de la prison et de la militarisation. Leur cosmovision exprimant le lien profond entre tous les êtres vivants, la Terre animée et l’humain, s’oppose aux forces colonisatrices et prédatrices qui ravagent le monde.

La Coordinadora Arauco-Malleco (CAM), une organisation mapuche autonomiste, révolutionnaire et anticapitaliste agissant dans les territoires sous l’emprise de l’État chilien, a publié cet ouvrage a􀃫n de partager leur pensée, ainsi que leurs propositions de lutte fondées sur l’autonomie, l’action directe et la libération nationale :

« En tant qu’organisation – et en tant qu’expression du mouvement autonomiste mapuche –, nous ressentons aujourd’hui le besoin de publier ce recueil de documents internes sur notre projet d’émancipation, de textes analytiques sur les actions du mouvement mapuche et de divers communiqués qui, à nos yeux, contribuent au débat et à la diffusion d’une perspective qui promeut fermement la lutte en cours pour la libération nationale mapuche. Nous avons également inclus des témoignages relatant une série d’actions de résistance menées par nos weychafe, tels que racontées par les participants eux-mêmes. Ces témoignages, jusqu’alors inédits, sont rendus publics a􀃫n d’expliquer en quoi les sabotages et l’autodéfense jouent un rôle fondamental dans la mobilisation des forces visant, d’une part, à chasser le pouvoir capitaliste de notre territoire et, d’autre part, à jeter les bases matérielles et spirituelles de notre projet de libération nationale mapuche. »

320 pages // 14 euros

L’intégralité des ventes de ce livre seront reversées au soutien des prisonniers politiques mapuche.

Commander ce livre via le formulaire sur le site des éditions Tumult : https://tumult.noblogs.org/commander/

]]>
Vidéo : 20 ans de la CAM https://wallmapulibre.noblogs.org/2026/08/27/20-ans-de-la-cam/ Thu, 27 Aug 2026 14:30:57 +0000 https://wallmapulibre.noblogs.org/?p=76 Petite vidéo faite en 2017 pour les 20 ans de la Coordinadora Arauco-Malleco (CAM), sous-titrée en français.

]]>
Attaque incendiaire contre une exploitation forestière à Lautaro https://wallmapulibre.noblogs.org/2026/08/17/attaque-incendiaire-contre-une-exploitation-forestiere-a-lautaro/ Mon, 17 Aug 2026 17:18:10 +0000 https://wallmapulibre.noblogs.org/?p=72 Au moins deux fourgons et un engin forestier ont été incendiés sur une exploitiation forestière dans le secteur Dollinco à Lautaro (région d’Araucania). Les assaillants étaient masqués et munis d’armes à feu.

Ils ont réussi à prendre la fuite avant l’arrivée de la Gendarmerie qui a déclenché une opération dans la zone, sans aboutir à des arrestations.

Dehors les entreprises forestières du Wallmapu !

A partir de la presse

]]>
Défendre le Travkintu et les semences https://wallmapulibre.noblogs.org/2026/08/17/defendre-le-travkintu-et-les-semences/ Mon, 17 Aug 2026 17:07:34 +0000 https://wallmapulibre.noblogs.org/?p=67 Vendredi dernier, le 7 août 2026, des femmes issues des communautés mapuches, des jardinières, des gardiennes des semences et de la vie, venues de différents territoires du Lavkemapu tels que Curanilahue, Cañete, Elicura, Peleco, Lleu Leu, Tranaquepe, Quidico, Tirúa et Imperial, ont répondu à l’appel pour participer au travkin sur la place Caupolicán, dans la ville de Cañete. La matinée était pluvieuse, mais cela ne nous a pas arrêtées car nous étions là pour une cause plus grande : la protection des semences, le travkintu (cérémonie d’échange de semences, plantes et autres) et l’échange.

Nous nous sommes réunis non seulement pour échanger des produits faits maison, des fleurs et des objets artisanaux, mais surtout pour partager nos semences. À travers le nutram (conversation), nous avons raconté leurs histoires : d’où elles viennent, depuis combien de temps nous les avons soignées et conservées, de qui nous les avons héritées et pourquoi il est important que les semences circulent librement entre nous. Nous avons également partagé nos réflexions sur l’importance de défendre nos droits, tels que la souveraineté alimentaire et l’autodétermination des peuples. Nous avons conclu que parler des semences, du potager, de nos parcelles, c’est aussi parler de la façon dont nous nous nourrissons et du rôle central que cela joue pour rester en bonne santé.

En plus de célébrer le travkintu, nous avons dû nous rendre au SAG (Service d’Agriculture et de l’Elevage) pour remettre notre communiqué, dans lequel nous exposons l’analyse de notre communauté concernant la décision administrative relative à la « commercialisation des semences courantes » et la « consultation citoyenne » qui s’y rapporte.

Une fois sur place, nous avons été accueillies par la chef de bureau, Mme Pamela Wolf, puis le responsable des semences, Juan Carlos Vargas, s’est joint à la réunion. Au cours d’une longue conversation, nous avons exposé nos arguments contre le contenu de la résolution et de la consultation, et nous avons demandé au service de retirer ce document de la procédure en cours, car il comporte des erreurs structurelles, de forme et de fond.

Le débat a principalement porté sur trois points : ce que le document du SAG propose comme « commerce de semences » et son impact sur le travkintu et les échanges, la relation des peuples autochtones et des petits paysans avec les semences, et le décalage entre les exigences de formalisation fixées par le SAG et la réalité des petites agricultrices et agriculteurs ainsi que des jardiniers et jardinières, notamment en matière d’étiquetage, de pureté, de germination, de traçabilité et de volumes de semences exigés.

Le SAG a affirmé que la résolution n’avait pas pour objectif de réglementer les échanges et le travkintu, soulignant par ailleurs que l’agitation qui a secoué la région résultait d’une mauvaise interprétation de la résolution par la population. Pour notre part, nous affirmons avec conviction que la définition du commerce proposée englobe toute remise, cession ou transmission de semences, à titre onéreux ou non. Autrement dit, avec ou sans contrepartie financière, ce qui affecterait directement le travkintu, c’est-à-dire la conservation et la détention des semences traditionnelles.

Le service a ajouté que, selon son étude juridique, il n’avait pas jugé pertinent de procéder à une consultation autochtone, car la norme ne vise à réglementer aucun aspect touchant les peuples autochtones, ce qui est manifestement faux ; ce n’est qu’à la toute fin de la réunion que M. Vargas a reconnu que le texte comportait des erreurs de fond, comme l’utilisation du concept « à titre onéreux ».

Concernant les semences, nous avons pu confirmer ce que nous savions déjà, à savoir qu’il existe un choc culturel très fort entre ce que représentent les semences pour ce service, et donc pour l’État chilien, et ce qu’elles représentent pour les peuples autochtones. Nous constatons là un écart considérable. Le SAG a une vision biaisée des semences, une vision qui reflète la perspective entrepreneuriale et qui, en tant que service de l’État, ne coïncide pas avec la vision des peuples autochtones dans ce cas précis.

Dans notre vision, nous considérons les semences traditionnelles et indigènes comme des êtres vivants, faisant partie du patrimoine bioculturel des peuples, de petits trésors qui ont survécu entre les mains de paysans qui les ont cultivées de génération en génération, en les adaptant aux différents climats locaux et en enrichissant la biodiversité par leur pérennité. Ce patrimoine est une garantie de survie pour les peuples face à différentes situations telles que les famines, les catastrophes naturelles ou le changement climatique, autant d’événements que nous vivons aujourd’hui même et qui sont le résultat d’un système qui tire profit de la vie tout en la détruisant.

Nous avons également fait valoir auprès du SAG que les exigences imposées à ceux qui souhaitent se mettre en règle pour obtenir une certification de négociant en semences risquent d’exclure les petits agriculteurs, car elles sont difficiles à satisfaire.

Enfin, nous avons également exprimé notre rejet de la consultation, car il s’agit d’un processus qui exclut précisément les secteurs les plus concernés par cette question : les secteurs ruraux. Mettre en place un processus en ligne est discriminatoire alors qu’une grande partie des territoires ne dispose pas d’un accès permanent à Internet et que, par ailleurs, celles et ceux qui travaillent avec les semences traditionnelles ne sont pas nécessairement à l’aise avec les outils numériques.

De nombreux autres sujets ont été abordés, mais l’essentiel est que, en tant que femmes gardiennes de semences, agricultrices et jardinières, nous rejetons la consultation et la résolution et que, quelles que soient les réglementations, nous continuerons à défendre la vie, à défendre nos territoires, à semer et à perpétuer les pratiques d’échange et de travkintu que nous avons apprises de nos ancêtres.

Signé, pu domo (des femmes) du territoire lavkenche.

Traduit de radiokurruf.org

]]>
Bref bilan de l’offensive fasciste (Hector Llaitul) https://wallmapulibre.noblogs.org/2026/08/17/bref-bilan-de-loffensive-fasciste-hector-llaitul/ Mon, 17 Aug 2026 16:51:37 +0000 https://wallmapulibre.noblogs.org/?p=50 Dans notre analyse, la première chose que nous pouvons affirmer est que le précédent gouvernement chilien « progressiste » a ouvert la voie à l’extrême droite. Ce phénomène est une constante dans différents pays où le fascisme a refait surface ces derniers temps. Une situation qui contribue à semer la confusion dans l’esprit des gens. Les « pseudo-progressistes » se présentent en feignant d’être ce qu’ils ne sont pas, ce qui finit par s’avérer trompeur. Désorientées et bernées, les personnes finissent par voter, presque par punition, pour une option qui, à long terme, leur porte préjudice. La responsabilité du vide exploité par le « progressisme » incombe à la gauche traditionnelle, qui non seulement a été vaincue, mais qui s’assume comme telle, perdant ses lignes directrices et ses principes.

Si l’on s’attarde sur le comportement des progressistes, on constate que, dans les différents pays où ils ont réussi à accéder au pouvoir,
ils finissent par appliquer le modèle néolibéral. On peut l’observer par exemple en Espagne après la fin de la dictature de Franco. La figure de Felipe González, modèle pour le Chili en transition et qui semblait tenir un discours radical, a très vite fini par mettre en œuvre ce modèle, avec des privatisations et des mesures antipopulaires. Au Chili, le gouvernement de Boric a immédiatement révélé sa véritable nature libérale, ce qui a entraîné des conséquences néfastes pour le peuple mapuche. Il l’a fait avec moins de dissimulation que ne l’avait fait l’école de González. Des expériences similaires ont été vécues dans les pays voisins : au Brésil avec Lula, en Équateur avec Correa, en Bolivie avec Morales et en Argentine avec les Kirchner, où les droites réactionnaires n’ont fait qu’attendre leur tour.

Il ne fait aucun doute que l’extrême droite latino-américaine s’est révélée être la plus guidée et la plus subordonnée à la machine
américaine, soumise et au service des multinationales yankees. Ces derniers temps, la politique américaine n’a fait preuve d’aucune pitié et sa domination s’inscrit même dans une logique belliciste : c’est le cas au Venezuela et à Cuba. C’est peut-être pour cette raison qu’on peut comprendre pourquoi les progressistes chiliens se sont montrés si féroces et cruels dans la persécution et la répression des Mapuches et de toute autre forme de résistance, se soumettant pleinement au système post-dictatorial en place et créant les conditions d’une nouvelle offensive néofasciste et néocoloniale. Aujourd’hui, avec un gouvernement d’extrême droite et de nombreux partisans de Pinochet au pouvoir, les progressistes se sont contentés de négocier, en utilisant la même Constitution qu’ils étaient censés vouloir changer, et en manipulant le mouvement social et politique. Un mouvement qui, d’ailleurs, reprendra ses manifestations tandis qu’eux devront attendre tranquillement encore quatre ans, en s’en tenant à la voie institutionnelle. Car ils ne veulent que des postes et finissent par accepter les compromis proposés par le pouvoir.

Dans ce contexte, il ne faut pas oublier que Boric et les partis de son alliance ont laissé en place un cadre institutionnel bien plus répressif et modernisé, ouvertement anti-Mapuche, comme on n’en avait jamais connu auparavant – loi Naim Retamal, loi anti-occupations, militarisation permanente, loi antiterroriste, etc. Une réglementation qui s’étend à la réalité sociale des opprimés en général. Ils ont tout préparé ; aujourd’hui, les fascistes n’ont plus qu’à gérer et à appliquer les mesures dont ils ont hérité.

Pour mieux comprendre le changement de gouvernement dans le cadre du pouvoir interbourgeois, il est important de passer en revue la restructuration du grand capital sur le territoire ancestral mapuche. Notre analyse à cet égard est qu’aujourd’hui, en tant que peuple
opprimé, nous devons continuer à lutter principalement contre le système capitaliste. Dans cette optique, l’ennemi de la cause mapuche, ce sont tous les investissements capitalistes au Wallmapu, en premier lieu les entreprises forestières, car elles sont les piliers du plus grand système de propriété usurpée au détriment des communautés, en particulier celles qui avaient autrefois pour projet de réarticuler les lof et de créer des espaces territoriaux plus vastes pour la construction du Peuple-Nation mapuche. La lutte les vise principalement en raison des graves répercussions que les monocultures ont sur notre Ñuke mapu et sur l’écosystème en général.

Parallèlement à la lutte contre les entreprises forestières, il existe également une lutte contre divers projets d’investissement capitalistes
qui s’en prennent aux communautés, une occupation fondée sur la spoliation et des mécanismes de contrôle économique du territoire, une occupation d’« accumulation par dépossession ». Il s’agit de mégaprojets de toutes sortes qui envahissent et ravagent nos territoires ancestraux : centrales hydroélectriques, parcs éoliens, projets immobiliers, projets miniers, routes, etc., dans le cadre desquels les grandes entreprises, le grand capital, s’approprient les biens, les terres et les droits des communautés pour générer des profits.

De même, les soi-disant « projets d’énergie propre » sont une chimère, puisqu’ils s’installent sur des espaces usurpés. Nous avons déjà affirmé que les derniers gouvernements se sont ouvertement engagés à maintenir le système de spoliation à tout prix. Une réalité qui ne favorise que les grands groupes économiques et qui, bien qu’elle inclue des propositions s’inscrivant dans des modèles sylvopastoraux d’un type plus « respectueux », partage une logique extractiviste qui affecte et bafoue également la culture mapuche. Non seulement en raison de la transformation du territoire au service du capitalisme, mais aussi en raison de l’imposition d’une logique pro-capitaliste et coloniale occidentale qui a un impact considérable sur le tissu social, politique, idéologique et culturel mapuche.

Dans ce contexte, nous devons maintenir notre projet de lutte fondé sur la résistance et la reconstruction de notre Peuple-Nation contre toute manifestation du capitalisme mondialisé. Nos principaux axes d’action consistent à lutter contre l’impérialisme mondial et la spoliation colonialiste locale auxquels l’oligarchie et l’État bourgeois nous soumettent. C’est dans ce sens que nous devons réaffirmer notre volonté de maintenir un mouvement mapuche autonomiste et révolutionnaire, aux orientations clairement anticapitalistes et anti-impérialistes. Telles sont les bases pour lancer un grand processus de libération nationale mapuche.

Amulepe taiñ weychan !!
Liberté pour tous les prisonniers politiques mapuches !!

Hector Llaitul
Depuis les geôles de l’État chilien

juin 2026

Hector Llaitul se trouve actuellement dans la prison de Bio Bio. En 2024, il a été condamné à 23 ans pour son engagement au sein de la Coordinadora Arauco-Malleco, notamment en tant que werken, porte-parole, de cette organisation mapuche révolutionnaire, autonomiste et anticapitaliste.

]]>
Cinq weichafe mapuche condamnés à 16 ans de prison https://wallmapulibre.noblogs.org/2026/08/17/cinq-weichafe-mapuche-condamnes-a-16-ans-de-prison/ Mon, 17 Aug 2026 15:49:24 +0000 https://wallmapulibre.noblogs.org/?p=21 Le tribunal pénal oral de Temuco a rendu publique cet après-midi les peines dans l’affaire « Lautaro » auxquelles ont été condamnés les cinq weichafe de l’organisation de résistance mapuche Coordinadora Arauco-Malleco (CAM). Le tribunal a condamnés à 16 ans de prison ferme, ainsi qu’au paiement d’une amende équivalant à 380 euros, Juan Carlos Mardones Sáez, Luis Guillermo Menares Chanilao, Luis Darío Fuenzalida Eneros, Pelantaro Llaitul Pezoa et Jorge Andrés Caniupil Coña.

Rappelons que le mois dernier, le tribunal avait déjà rendu son verdict de condamnation, seule la lecture des peines restant en suspens.

Ce nouveau jugement met une nouvelle fois en évidence le durcissement des poursuites pénales à l’encontre de ceux et celles qui participent aux processus de revendication territoriale du peuple mapuche. Ces dernières années, tant les gouvernements se réclamant de la gauche que ceux de droite ont mis en œuvre des politiques qui se sont traduites par de longues peines à l’encontre de dirigeants, de porte-parole et de guerriers/guerrières mapuches impliqués dans des processus de récupération territoriale.

Dans cette optique, ces condamnations reflètent non seulement l’action des tribunaux, mais aussi le fonctionnement d’un appareil d’État qui, selon divers secteurs du mouvement mapuche, agit ainsi pour protéger les intérêts capitalistes présents dans le Wallmapu. Dans ce contexte, les entreprises forestières et les grands propriétaires terriens sont désignés comme les acteurs qui maintiennent sous leur emprise de vastes territoires ancestraux revendiqués par les communautés mapuches, créant ainsi un climat permanent de confrontation entre l’État, le grand capital forestier et les revendications de restitution territoriale.

La Coordinadora Arauco-Malleco, l’une des organisations politiques mapuches les plus anciennes du Wallmapu, défend un projet de libération nationale fondé sur la récupération du territoire ancestral et la prise de contrôle des terres qu’elle considère comme usurpées par les entreprises forestières. Dans ce contexte, les condamnations prononcées à l’encontre de ses membres sont interprétées par ses partisans comme s’inscrivant dans une politique de criminalisation visant à affaiblir un projet politique qui remet en cause le modèle d’occupation et d’exploitation du territoire mapuche.

Le verdict rendu ce jour s’ajoute à une série de condamnations prononcées ces derniers temps à l’encontre de membres de la CAM, aggravant ainsi un climat de forte tension entre l’État chilien et le mouvement autonomiste mapuche, au cœur d’un conflit historique qui maintient ouvertes les revendications relatives au territoire, à l’autonomie et à l’autodétermination du peuple mapuche.

Werkén Noticias

13 juillet 2026

]]>
L’État chilien va condamner quatre jeunes weychafe à des dizaines d’années de prison https://wallmapulibre.noblogs.org/2026/08/17/hello-world/ https://wallmapulibre.noblogs.org/2026/08/17/hello-world/#comments Mon, 17 Aug 2026 14:50:49 +0000 https://wallmapulibre.noblogs.org/?p=1 Le 13 juillet 2026, le Tribunal Oral de Temuco prononcera la peine contre quatre jeunes weichafe de l’organisation de résistance mapuche Coordinadora Arauco-Malleco (CAM). Lors de la dernière séance fin juin, le Tribunal a établi la culpabilité des quatre pour les délits d’incendie criminel à répétition, vol, enlèvement simple et pour deux d’entre eux, détention de munitions. Le procureur régional de l’Araucanie demande des peines allant jusqu’à 48 ans de prison.

Il y a quatre ans, le 22 novembre 2022, des weichafé armés pénètrent dans le domaine de San Luis, exploité par l’entreprise forestière Mininco. Ils font reculer les travailleurs présents et obligent les chauffeurs de camion à descendre. Puis, le feu est mis à quatre engins forestiers, deux fourgons et quatre camions transportant du bois. Une banderole faisant allusion à la libération de Wallmapu et à la CAM aurait été laissée sur place.

Plusieurs heures plus tard, à plus de 40 km du lieu de l’attaque, les Carabineros arrêtent Luis Menares Chanilao, Jorgue Caniupil Coña, Pelantaro Llaitul Pezoa, Juan Carlos Mardones et une cinquième personne (également accusée). Les policiers auraient été alerté de la présence des jeunes mapuches dans une ravine par un témoin anonyme qui les aurait vu mettre le feu à un fourgon (qui aurait été dérobé lors de l’attaque à San Luis). Ce témoin ne s’est pas présenté au tribunal et a été passé au statut de « témoin protégé ». De tels procédés sont régulièrement utilisés contre le mouvement autonomiste mapuche pour faciliter les condamnations et compenser le manque de preuves matériels. Parmi les jeunes arrêtés, il y a Pelantaro Llaitul, un des fils de Hector Llaitul, werken (porte-parole) de la CAM, lui-même actuellement en prison suite à une condamnation à 23 ans en 2024 pour son engagement au sein de la CAM, la libération nationale mapuche et la reconstruction du monde mapuche.

Cela fait quatre ans que les jeunes weichafe sont en détention préventive. L’ancien gouvernement de Boric (de gauche) s’était distingué par sa répression du mouvement autonomiste mapuche et la militarisation du Wallmapu (et 110 prisonniers politiques mapuche dans les geôles de l’État chilien) ; l’actuel gouvernement Kast d’extrême-droite a repris le flambeau en multipliant les opérations répressives, la persécution et le harcèlement des communautés mapuches.

Solidarité avec la lutte mapuche !

Amulepe taiñ weichan !

Kiñe. Tout d’abord, nous tenons à remercier toutes les personnes qui nous ont accompagnés tout au long de ce procès oral au cours duquel nous avons finalement été injustement condamnés. À toutes les communautés, aux familles et aux lof mapuches, à notre peuple, nous adressons toute notre gratitude.

Epu. Nous considérons cette condamnation comme le résultat de la persécution politique menée contre le mouvement autonomiste mapuche, et plus particulièrement contre la Coordinadora Arauco-Malleco (CAM), organisation dont nous sommes fiers en tant que weichafe [guerriers mapuches]. Nous soulignons que ce procès s’est déroulé de manière partiale et raciste, sans aucune preuve nous impliquant, et que les autorités judiciaires ont eu recours à des témoins secrets qui, au final, n’ont même pas témoigné devant le tribunal.

Kula. Le tribunal winka nous a condamnés pour les délits d’incendie répété, de vol, d’enlèvement simple et, dans deux cas particuliers, de détention de munitions. Il a requalifié deux délits et nous a acquittés des délits de détention d’armes interdites, de détention d’armes conventionnelles et de tirs injustifiés.

Meli. Nous comprenons que, face à l’enquête bâclée du parquet et aux arguments solides de nos avocats de la défense, le tribunal a décidé de procéder à un ARRANGEMENT permettant de prononcer à tout prix une condamnation politique à notre encontre, sans disposer en aucun cas des éléments minimaux pour le faire.

Kechu. La tête haute, nous déclarons que nous n’accepterons pas cette condamnation néfaste et que, si l’État chilien persiste à criminaliser et à persécuter la lutte historique et digne des Mapuches, en cherchant à nous condamner pour cela, qu’il assume au moins l’État de droit dont il se vante tant, qu’il apporte les preuves et condamne en vertu de ses lois, et non sur la base de subterfuges, de mensonges, de pressions politiques et de l’utilisation d’une presse bourgeoise servile aux intérêts des entreprises.

De même, nous appelons le pouvoir judiciaire à cesser d’être le bras punitif du fascisme et de l’extrême droite à Wallmapu.

Kayu. C’est pour toutes ces raisons que, le jour du prononcé du jugement [le 13 juin], nous lancerons une mobilisation afin de dénoncer ce procès vicié auquel on nous a contraints. À cette occasion, nous souhaitons également apporter notre soutien à notre frère Daniel Canio, qui, après avoir purgé plus de la moitié de sa peine, se voit toujours refuser ses avantages pénitentiaires.

Ayant affronté ce procès en tant que pu weichafe, aujourd’hui condamnés, nous estimons nécessaire de nous adresser au mouvement mapuche et à notre peuple en général après près de quatre ans d’emprisonnement, et de déclarer que nous ne sommes pas vaincus, encore moins honteux ou repentants d’avoir embrassé une lutte aussi digne et juste que la nôtre ; bien au contraire, nous continuons d’avancer avec la détermination de ne jamais nous mettre à genoux devant nos ennemis.

Enfin, nous appelons à poursuivre le weichan [lutte mapuche], à maintenir la lutte territoriale contre les entreprises forestières et le grand capital, à continuer de résister au racisme structurel et colonialiste de l’État chilien, d’autant plus aujourd’hui que le fascisme et l’extrême droite sioniste sont au pouvoir.

Dehors les entreprises forestières et les militaires du Wallmapu !!

La résistance mapuche n’est pas du terrorisme !!

Peñi Kincha treka rupaymi tüfachi Mapu Mew,welu Tami pülli rumel mongeleay rangi weychan

Mew Luis Menares Chanilao Jorgue Caniupil Coña Pelantaro Llaitul Pezoa Juan Carlos Mardones

PPM-CAM

]]>
https://wallmapulibre.noblogs.org/2026/08/17/hello-world/feed/ 1